Abjure

Du latin : ab-contre, juro-je jure

Abjuration : acte par lequel on renie une chose, ou on y renonce d’une manière solennelle, et même avec serment.
Abjurer : Renoncer à quelque erreur religieuse, à une mauvaise doctrine. Abandonner ce que l’on faisait profession de croire, d’aimer, de pratiquer. (Dictionnaire Universel de la Langue Française)

Derived from Latin: ab-against, juro-I swear
Abjuration: act by which one denies something, or renounces it in a solemn way, even on oath.
Abjure: to renounce a religious error, a wrong doctrine. To give up what one professed to believe, to love, to practice. (Universal Dictionary of the French Language)

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L’Islande, « terre de glace », tiraillée par l’écartement de la dorsale médio-atlantique, frontière entre les plaques tectoniques eurasienne et américaine. La Terre dans son état primordial, de glaciers et de volcans. Paysages vierges, bruts, sauvages, invitations à l’humilité. La trace humaine est fugace : quelques vestiges, tel un avion échoué sur la plage, trésor archéologique inattendu. Et des corps fugitifs, flous.
Anthropocentrisme et géocentrisme ont longtemps coexisté. Galilée s’est confronté à un impossible : prouver que le visible (l’apparente rotation du soleil autour de la Terre) était erroné, contrevenant au credo religieux dominant de son époque. Changement de paradigme trop fort, vertigineux même. En 1633, menacé de torture, il abjure.
Et pourtant, quelles que soient nos visions du monde, nos attachements, nos choix… Comme le mettait déjà en évidence l’Astronomie Populaire de Camille Flammarion (1879), la Terre est destinée à disparaître.
C’est la Terre qui aura raison de nous et non l’inverse.

David Bart appréhende l’espace et le temps dans leurs dimensions symbolique et expérimentale. Une présence/absence suggérée dans
les matières, sable noir, mousse, pierres volcaniques, souffre, et leur contrepoint, le suspens, le flou, l’intangible…

En recontextualisant les illustrations de l’Astronomie Populaire dans des environnements et des temporalités réelles, contemporaines, il témoigne d’une métamorphose singulière: celle du paysage en signe.

Texte : Anne Murat

Iceland, the “land of ice” torn by the mid-Atlantic ridge, the Eurasian and American tectonic plates border. The Earth is in its primordial state, made of glaciers and volcanoes. Untouched, rough, wild, landscapes are an invitation to humility. The human foot is fleeting: a few remnants remain, such aircraft stranded on the beach, unexpected archaeological treasure. And at the distance, blurred evanescent bodies.
Geocentric and anthropocentric visions have long coexisted. Galileo was facing an impossible task: to prove that the visible (the apparent rotation of the sun around the Earth) was a mistake, contrary to the predominant religious belief. The paradigm shift was too strong, even dizzying. In 1633, threatened with torture, he abjured. Yet whatever our worldviews, our attachments, our choices… as the Popular Astronomy by Camille Flammarion (1879), demonstrated, the Earth is destined to disappear. It is the Earth that will defeat us and not the other way round.

David Bart apprehends space and time in their symbolic and experimental dimensions. A presence / absence suggested through materials, black sand, foam, volcanic stones, sulfur, as well as suspension, blur, intangibility…

In recontextualizing The Popular Astronomy illustrations in real, contemporary environments and time frames, he reveals a singular metamorphosis: that of landscape turning into sign.

Text: Anne Murat

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